jeudi 10 octobre 2013

Les mines de Potosi

Potosi est une ville située à un peu plus de 4000 mètres d’altitude. Pour l'anecdote, elle est plus haute que la ville de Lhassa au Tibet poutant reconnue comme le toit du monde.

Potosi a été fondée en 1545, par la découverte de ce minerai si cher pour les conquistadors espagnols, « l’argent ». Mais, bien entendu, comme toutes les réserves, cela s'épuisse, Potosi connue donc un déclin et une certaine pauvreté après une réelle prospérité.

La ville de Potosi est inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco pour son architecture coloniale et également pour le « génocide » commis lors de l’exploitation de ces mines d’argent par les conquistadors españols.

La visite des mines

La visite de ses mines est en quelque sorte un pèlerinage/hommage en l’honneur de tous ces hommes qui y furent exploités et y perdèrent la vie. Les conditions de travail étaient abominables. Tous les ans, des dizaines d’indigènes mourraient d’épuisement ou empoisonnés par les vapeurs de mercure. La seule nourriture mise à disposition était des feuilles de coca, vendues par les responsables de la mine. Il y aurait eu entre 5 à 8 Millions d'indiens Aymaras et Quechuas à mourir dans ces mines .
Marco, notre guide, a lui même travaillé dans la mine pendant 15 ans. A ce jour, les mines sont organisées en coopératives. De ce fait, chaque mineur peut organiser ses horaires comme il le souhaite (environ 12h). Il doit produire suffisamment pour pouvoir négocier sa production en fin de semaine ou mois. La plupart du temps, les mineurs travaillent en équipe, une personne creuse, un autre perfore et un qui pose la dynamite et les autres remplissent le chariots. Les salaires sont divisés par rapport à la difficultée de chaque tâche (5000 bol. (520 euros) pour la personne qui pose la dynamite= c'est le plus haut salaire). Bon, concernant les couvertures sociales, c'est une autre père de manches, il n'y en a pas ou très peu !!!
Les mineurs travaillent chaque jour (sauf dimanche) dans des températures qui varient entre 0° et 40°. On y extrait de l’étain, un peu de zinc, très peu de cuivre et de l'argent (par chance).





El tio

El Tio est le mari de Pachamama. Il représente la fertilité. El Tio est surtout un diable devenu le dieu du monde sous terrain. Lorque, les espagnols exploitaient la mine, ils trouvèrent un moyen d’obliger les esclaves à travailler. Ils abussaient de leurs croyances envers Dieu et la Pachamama en leur disant que si ils n'allaient pas travaillés, ils seraient tués par le diable... El Dio !!


Comme le « D » n'existe pas les langues indiennes (quechua /aymara), « El Dio » se transforma en « El Tio » !! Il est présent dans chaque galerie.

Lorsque les mineurs entrent dans la mine, ils commencent par faire une offrande à « El Tio ». Et chaque vendredi soir, tous se réunissent autour de lui. Ils s’installent et honorent El Tio par des offrandes pour obtenir sa protection.

Ils versent de l’alcool, mettent des cigarettes allumées dans sa bouche et répandent des feuilles de coca autour de lui. Puis, ils fument, mâchent la coca. Marco nous fait une démonstration des offrandes faites à
El Tio. Il arrose sa tête et son sexe proéminent, signe de sa fertilité (et surtout de sa virilité !!!: Il ne faut pas oublier que la mine est un monde exclusivement masculin!) , avec un petit flacon empli de cet alcool à 87 degrés que boivent les mineurs. Puis, il allume une cigarette et la lui met à la bouche, avant de répandre autour de lui des feuilles de coca. 

Petit film à visionner :  

 

mardi 8 octobre 2013

Tupiza et sa ballade dans les canyons

Nous sommes arrivés à Tupiza (01/10) afin de trouver une agence pour partir en excursion dans le salar de Uyuni. Nous rentrons dans un hostel pour avoir une idée de prix. Trouvant la somme bien trop élevé, on l'informe que ce n'est pas du tout de notre budget mais commence a nous parler des excursions pour le salar. De fil en aiguille, une discussion s'installe ainsi qu'une négociation...Pour faire bref, on paye pas l'hostel, on se fait offrir une ballade en cheval dans le canyon, tous ça pour la somme prévu initialement pour la visite du Salar de Uyuni (4 jours) !!! Choucrane (a la marocaine !!)

Visite fort sympathique à cheval en compagnie de notre guide Lucio. On a pu visiter le canyon des Incas et la puerta del Diablo !!


On est stupéfait par ce lieu ! La Bolivie est une terre de contraste, il y a de cela 1 semaine, nous étions en pleine jungle, nous voici aujourd'hui en plein canyon désertique, un site de western par excellence...





La puerta del Diablo





Canyon des Incas



Ah oui, juste pour finir, n'ayant pas une masse volumineuse de graisse située au niveau des fesses, 3 heures de cheval, ça donne mal au cul...

dimanche 6 octobre 2013

La Paz

La Paz est notre point de chute !! Nous y sommes arrivés au début de ce voyage mais c'est également la ville de transition lorsque nous décidons de bouger vers d'autres destinations !!

La Paz, capitale de la Bolivie. Enfin non, La Paz est la capitale où siège le gouvernement. Pour la petite information, c'est ici qu' Evo Morales (président) réside. Il a été réélu en 2010 pour son second mandat. A noter qu' Evo Morales fait parti de la culture Aymara. Sucre, elle, est la capitale constitutionnelle.

La ville compte environ 1,5 millions d'habitants et est construite en altitude. Ses différents quartiers se situent entre 4.100 m et 3.200 m. Encore un record, mais c'est bel et bien la capitale la plus haute du monde !!

Contrairement à toutes les autres grandes villes, les riches ont laissé les hauteurs de la ville aux pauvres (El Alto) et se sont réfugiés en bas (climat plus clément !) où l'on peut voir des contrastes sidérants !! El Alto est peuplé à l'origine par des paysans, et des migrants de tous le pays. Elle compte plus d'1 millions d'habitants.


La Peña (bar où l'on se rejoint boire un verre et où l'on peut écouter des groupes de musique locale « folklorique »)
Avec un ami breton rencontré dans l'auberge, nous décidâmes d'aller boire « un verre » dans une peña. Je pense qu'ils n'avaient guère l'habitude d'y voir des étrangers puisque tout le monde nous accostaient pour discuter et prendre un verre, enfin une bouteille. Car tout s'achète au litre et ça va très vite !!
La table est recouverte d’une toile rouge et blanche au couleur de la bière locale, quelque peu crasseuse, où tu sens que la bière a coulé à flots car nos manches s'y collent. Le revêtement de sol est aussi collant que la table.


Les Boliviens ont une réelle descente !! Nous avons bu la bière locale, la « Paceña », nom des personnes résidents à La Paz.


Soirée forte en émotions faite de jolies rencontres, de bonnes doses de fous rires...Charlotita était la seule jeune fille parmi des dizaines d'hommes boliviens, je vous laisse imaginer le tableau et moi qui a fait mon show avec le juke box sur des pas de danse de Mickaël Jackson...
Bref, une soirée à la Peña...

Je n'ai pas encore évoqué l'aspect humain (rencontres) dans ce blog, peut être car il difficile de parler d'autrui en ayant un regard objectif !! Mais j'espère l'être ! Cela va faire 1 mois que nous sommes en Bolivie, nous avons pu faire plusieurs villes, régions de ce pays, mais, puis-je dire que je connais le pays !! Oh, non, je crois qu'il faudrait rester au moins 1 année pour s'imprégner de leur culture, de ses dialectes (Aymara/ Quechua)...
Ce que j'ai pu ressentir est leur simplicité, l’honnêteté, la modestie, leurs sourires.... Ils ont le cœur sur la main, toujours prêt à t'aider ! Je suis totalement conquis par ce pays dont je garderai un souvenir mémorable !! Bien entendu, je garde certains souvenirs et anecdotes pour moi, car je n'écris pas un journal intime, mais juste un blog, qui me permet de diffuser ce que je vis, ce que je vois, mais ce que je ressens, c'est différent !!

 
Bon ce n'est pas fini, j'ai encore certaines régions à traverser, mais je crois que les rencontres que nous faisons nous donnent une certaine image du pays...

Les marchés sont coutumes ici, on trouve de tous, de la pince à épiler au morceau de viandes...








Afin de changer la vie des « adolescents difficiles », La Paz propose à ces jeunes de se changer en zèbres humains pour faire la circulation et aider les piétons à traverser. Ces jeunes qui participent à ce programme sont d'anciens toxicomanes, ou d'adolescents vivant dans les rues...


 
 
Ces cireurs de chaussures ci dessous, cachés sous leurs cagoules sont masqués afin que leurs familles et leurs amis ne découvrent pas qu’ils exercent ce travail reconnu comme « humiliant ». 

 
Images de quelques bus :



 Photos en vrac :





dimanche 29 septembre 2013

La selva (jungle)

Nous voila arrivé à Rurrenabaque, ville assez nonchalante par ces agences touristiques qui prolifèrent. Assez difficile de faire son choix mais nous sommes tombés sur Théresa, une femme passionnée par l'environnement de la jungle, de plantes médicinales, et par le souhait de travailler avec "les Indigènes"  (pas de connotations péjoratives, bien au contraire!!) 

Bref, nous voila partis pour 3 jours en mode "survivor", ma "b..", mon couteau, une bâche, une moustiquaire et c'est parti pour l'aventure...Oui, on a tout de même un cuisinier, oui, c'est pas non plus la survie, quoique!!! Riz avec riz puis riz, bref, tu sais au bout d'un moment que riz se dit Arroz en español!!

3 heures de pirogues pour atteindre notre campement et où j'ai pu gouter un grosse larve...

Quelques photos du campement 



Ces 3 jours consistent à découvrir et se familiariser avec la jungle, ces plantes médicinales, s'imprégner de cette environnement et bien entendu s'adapter à cette espace hostile et inconnu, pour nous petits européens!! Notre guide, El Niño, comme on l'appelle ici, est une légende dans la ville malgré son jeune âge (25 ans), il nous imprégnera de cette "écoute", pouvoir ressentir les choses, laisser nos sens s'affirmer, se développer et bien entendu "la pachamama"!!! Retrouver des sensations que l'on a perdu dans notre société actuelle...

Comme dirait El niño, Hakunamatata...



Lors de ces journées, nous nous sommes baladés dans la jungle. Je vais vous faire un condensé des plantes qui m'ont marqués...

El niño

Cet arbre (papahillo) est utilisé pour fabriquer des pièges. En effet, ces pointes acérées permettent de chasser des animaux de taille importante (cochons sauvages)


Celui ci, quant à lui, se nomme "l'arbre qui marche" puisqu'il se déplace d'environ de 2 mètres pour s'approvisionner en eau. Il a un tronc centrale en hauteur mais des dizaines de branches qui lui permettent de se déplacer. Assez incroyable!! Nous voici en plein contes et légendes...


Ceci est une termitière, remplis de termites qui ne sont que de protéines!! En manger permet également d’apaiser les douleurs de démangeaisons dues aux piqures de moustiques! Pour la petite histoire, un jeune israélien s'est perdu dans la jungle et y a survécu 22 jours sans aucune connaissance de ce milieu. Sans eau, ni nourriture, il a souhaité se donner la mort en ingurgitant une quantité importante de termites, ce qui lui a permis de retrouver des forces et de compenser ses carences. Il fût sauvé par les villageois de Rurre.  



Ces fourmis rouges peuvent êtres utilisées dans la médecine pour permettre une oxygénation du sang et fluidifier la circulation sanguine. Mais, lorsqu'elle pique, attendez vous à une douleur assez vive et persistante (j'en ai encore les marques après 1 semaine).



Cette plante a les mêmes vertus que l’ortie chez nous, urticante, lorsqu'on l'applique sur une zone précise, elle permet de soigner les rhumatismes. En infusion, elle permet d’apaiser les douleurs ovariennes pendant les menstruations!!


Cette arbre, communément appelé "ajoajo", (forte odeur d'ail) permet d'apaiser, voir d'oublier ces piqures de moustiques!!


Vous imaginez bien que je me suis servi énormément des écorces de l'ajoajo... Oui, on avais zappé l’anti-moustiques!! Pas de palu dans le coin, enfin, c'est ce que l'on dit!!





Ce que l'on peut voir au dessus, est la liane "Hayahuasca". La feuille ci-dessus se nomme "Chancruna". L'association de ces deux plantes utilisés lors de rituels shamaniques, donne l'effet d'un voyage intérieur grâce à la vertus hallucinogènes de ces plantes et permet "notamment" de trouver son animal intérieur...j'évoquerai "peut être" plus en détails ce rituels shamanique!


Cette liane d'environ 3 mois est une réserve naturelle abondante d'eau au sein de la jungle.



Liane "miti", la plus solide de la jungle. Et de quoi s'offrir un peu de distraction et de se prendre pour "Georges de la jungle"!!

Quelques photos en vrac :


Survivor's team






Atelier création de bijoux avec nos trouvailles

Perdu sur El Beni


Tatouages avec les pigments naturels "Iridia"





J'évoquerai plus en détails la première soirée où El Niño nous a invité à partager un rituel à la Pachamama...

Après ces 3 jours dans la selva, nous retournons vers la civilisation..